Soutien du Syndicat de la magistrature à Marina Petrella

Marina Petrella, ex-membre des brigades rouges italiennes, réfugiée depuis 1993 en France, se trouve aujourd’hui sous écrou extraditionnel à la Maison d’arrêt de Fresnes. Condamnée en Italie pour des faits remontant aux « années de plomb », Marina Petrella avait choisi de s’installer en France en vertu de la parole donnée par le Président Mitterrand selon laquelle il n’y aurait pas d’extraditions des exactivistes italiens qui renonceraient à la lutte armée.

Assistante sociale dans notre pays, mère d’une enfant née en France, Marina Petrella a parfaitement respecté cet engagement moral à rompre avec l’activisme violent. En l’interpellant à l’occasion d’une banale démarche administrative, l’Etat français s’apprête à renier la parole donnée par la République, comme il l’a déjà fait pour Paolo Persichetti en 2002 et Cesare Batisti en 2005.

L’extradition de Marina Petrella signifierait pour elle un emprisonnement immédiat et prolongé, puisqu’elle a été condamnée en 1992 à la réclusion criminelle à perpétuité en Italie, après avoir effectué huit ans de détention provisoire. Le Syndicat de la magistrature dénonce une procédure d’extradition qui ne tient aucun compte de l’ancienneté des faits et de l’évolution de Marina Petrella ces quinze dernières années.

Il s’élève contre la remise en cause de la « doctrine Mitterrand », que les gouvernements, de droite comme de gauche, ont appliquée sans discontinuer jusqu’en 2002, produisant des effets irréversibles (régularisation administrative, naissance d’enfant, intégration à la société française).

Le Syndicat de la magistrature apporte son soutien à Marina Petrella en demandant la levée de l’écrou extraditionnel.

Syndicat de la magistrature _31 janvier 2008

Source ou site Web en rapport : Syndicat de la magistrature - http://www.syndicat-magistrature.org
Publié par  Nath

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