Sénégal : La gendarmerie contre les ouvriers de chez Nestlé

Tôt dans la matinée de jeudi 28 février, les gendarmes ont assiégé la devanture de Nestlé Sénégal, interdisant ainsi aux travailleurs de tenir leur assemblée générale. Ces derniers s’étaient résolus à entrer à l’intérieur de l’entreprise pour y tenir leur Ag. Après constat des « intimidations de la direction », ils ont réitéré leur engagement à observer la grève jusqu’au fléchissement de la direction.

A l’issue de l’assemblée générale, certains parmi les travailleurs avaient jugé « mieux » de rester à l’intérieur de la fabrique, tandis que d’autres étaient dehors sur les bancs qui font face à Nestlé Sénégal.

Des heures après, les « gendarmes ont reçu l’ordre » de faire sortir les travailleurs qui étaient encore à l’intérieur, parce qu’ils pourraient « endommager les machines de production de Nestlé Sénégal. » Ainsi, la bande à Mor Ndiaye a refusé de quitter les lieux sous le prétexte qu’elle est dans son lieu de travail et que, par conséquent, elle ne va pas vider l’espace. « Vous avez vu, ils veulent nous faire sortir d’ici, mais nous n’allons pas accéder à leur demande », s’énerve Mor Ndiaye, le coordonnateur des délégués syndicaux de Nestlé Sénégal. Face au refus catégorique des travailleurs, les gendarmes ont fini par se replier à la Lgi de Mbao, tout en promettant de revenir avec du renfort.

Par la suite, Mor Ndiaye a déploré « le manège » du directeur des ressources humaines, en l’occurrence Mamadou Touré, qui a déposé à la porte d’entrée de l’entreprise une feuille blanche sur laquelle doivent émarger « ceux qui désirent travailler. »

Mais, c’était peine perdue, à en croire M. Ndiaye, qui assure que personne n’a émargé. « On lui a infligé un cinglant revers », déclare M. Ndiaye.

En fait, le mot d’ordre était déjà donné à l’entrée de l’usine : « Que personne n’émarge sur la liste qui est déposée au niveau des vigiles (...) C’est un piège pour casser notre mouvement. » Et, tout le monde a suivi les directives, jure Mor Ndiaye. Qui, joint au téléphone dans la soirée d’hier, pour évaluer la journée, révèle que « de bonnes volontés étaient en train de chercher à arrondir les angles entre les deux parties. » Et, jusque tard dans la soirée, les délégués syndicaux et la direction étaient encore en négociation pour régler le différend.

Pour rappel, en début de semaine dernière, la direction de Nestlé Sénégal a licencié abusivement Basile Preira, un des délégués syndicaux de la maison. Très remontés contre leur directeur des ressources humaines, les travailleurs ont boudé les machines, réclamant le retour de leur camarade et, par ricochet, le départ de du Drh.

Le Quotidien, 29 février 2008

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Publié par  Presse