Salariés : des produits à destocker comme les autres

Quand elles ne sont pas « remarquables », elles sont « excellentes », les performances du groupe PPR et de la Fnac sont saluées chaque année par des qualificatifs toujours plus enthousiastes et confiants de la part de nos dirigeants.

A la Fnac, moins de salariés, moins bien payés, égal plus de profits !

Les résultats 2007, présentés ce mercredi 27 février par F.-H. Pinault ne font pas exception. Avec un bénéfice net de 922 millions d’euros, un résultat opérationnel courant en progression de 33 % pour PPR,de 15 % pour la Fnac, notre patron affiche une franche satisfaction. Dommage que le plaisir ne soit pas partagé avec les salarié-e-s du groupe sans lesquels de tels résultats n’auraient jamais été possibles. Non seulement parce que ce sont eux qui, au quotidien par leur travail, produisent les richesses du groupe.

Mais aussi parce qu’en 2007, des efforts et des sacrifices importants nous ont été imposés, tant sur nos emplois, notamment avec les suppressions d’emplois sur le back-office, que sur nos salaires qui n’ont bénéficié d’aucune augmentation collective. L’enrichissement de notre heureux patron s’est clairement fait sur le dos des salariés du groupe qui se sont appauvris dans le même temps ! Il faut que ça cesse !

Depuis plusieurs mois maintenant, le discours de la direction et d’un encadrement trop bien soumis continue de durcir le ton à l’encontre des salarié-e-s. L’appât du gain sans limite du patron de la Fnac se traduit désormais directement dans la bouche de l’encadrement par la répétition mécanique d’une injonction au caractère magique : « il faut des gains de productivité. » Du directeur régional aux responsables des affaires sociales (!), se transformant soudain en gestionnaires de haut niveau, cette formule est la justification du blocage des salaires et des plans de dégraissage plus ou moins déguisés en oeuvre à tous les niveaux de l’entreprise.

Quand ce n’est pas l’évolution du marché qui est invoquée pour cela, c’est la concurrence. Concurrence entre rayons, entre départements du même magasin, entre magasins parisiens ou nationaux (illustrant clairement la logique cynique du VIM), avec Fnac.com, voire en désespoir de cause la concurrence d’autres enseignes. Bien entendu, compte tenu de la spécificité de la Fnac, ces analyses et comparaisons n’ont pas plus de pertinence que la volonté d’augmenter sans fin une rentabilité qui se porte déjà bien, comme claironné depuis de nombreux mois.

L’exemple du Livre révèle bien ces contradictions puisque l’on constate déjà les compressions brutales de personnel sur l’ensemble des magasins parisiens alors que le marché national se maintient toujours à un haut niveau. Cette vaste opération de réduction du personnel a non seulement pour conséquence une détérioration de la relation à la clientèle mais aussi une dégradation visible du climat dans l’entreprise et au sein des rayons. Les comportements manquant de respect, en actes ou en paroles, les pressions et intimidations en tout genre de « responsables » se multiplient. C’est le cas par exemple actuellement aux Produits techniques, où les vendeurs sont « pris » un par un par les chefs qui leurs fixent des objectifs de services à placer et d’encaissement à réaliser non sans faire planer les pires menaces à ceux qui oseraient ne pas obtempérer !

Dans la gestion des entreprises, les « gains de productivité » s’effectuent grâce aux évolutions techniques et technologiques. Pour Fnac Paris, ils ont ainsi été calculés à plus de 10% entre 2002 et 2005 par l’expertise du cabinet Degest à l’occasion de la mise en place du projet métiers, en constatant aussi que l’emploi « reste un facteur central de richesse » pour l’entreprise. Ainsi, inclure les salarié-e-s au sein des gains de productivité, c’est en fait vouloir masquer la façon la plus abjecte d’augmenter la rentabilité de l’entreprise tout en révélant le profond cynisme qui anime les dirigeants de cette entreprise, et leurs exécutants/exécuteurs, à l’encontre des employé-e-s que nous sommes, pourtant premiers pourvoyeurs de richesses mais derniers servis selon leur conception de la redistribution.

Derrière cette manipulation sémantique un peu grossière se cache donc toujours l’avidité pour des profits rapides, pourtant déjà bien présents et copieux ! Il n’y a donc aucune raison de supprimer des postes et de mettre en danger nos vies mais au contraire toutes les raisons, puisque les moyens sont bien là, pour améliorer nos conditions de travail, en pourvoyant aux suppressions de postes intempestives, et augmenter collectivement et dignement nos salaires, à la mesure de l’enrichissement de l’entreprise.

Sud FNAC
http://www.syndicatsudfnac.org

Publié par  Rhizome