Première privatisation à La Poste

Alors que l’Etat et La Poste cèdent la filiale historique Europ Airpost, ex Aéropostale à une compagnie Européenne de fret privée, la Fédération SUD-PTT déplore et dénonce la première privatisation d’une partie du service public postal. En acheminant près de 300 tonnes de courrier chaque nuit, Europ Airpost représente un maillon indispensable de la chaîne de communication du service public du courrier sur le territoire Français.

Favorisé suite à l’abandon du transport du courrier par rail pour des raisons d’économies à courte vue, le transport du courrier par avion n’est certes pas un mode pérenne et nous sommes bien sûr favorables à un transfert vers tout autre moyen moins polluant.

Or, à l’heure actuelle, aucune perspective à moyen terme ne se profile. De l’avis des experts on n’est pas près de voir un sac postal sur les rails avant une dizaine d’années, surtout au train où la SNCF se défait de ses infrastructures de fret.

L’Etat est responsable de cette vision à court terme qui voit la vente de la deuxième compagnie nationale Française pour le prix d’un avion neuf à une entreprise dont on n’exige aucune obligation de service public et dont la moindre saute d’humeur des marchés pétroliers scellerait le sort.

L’Etat est responsable de la mise au point mort de la filiale commune La Poste / SNCF lancée à grand renfort de communication pour amortir la peinture fraîche d’une rame TGV décorée du nouveau logo de La Poste.

Il sera responsable aussi du décret de privatisation qu’il doit prendre pour modifier le décret de 1990 portant statut de La Poste et qui stipule en son article 22 qu’« Une activité de service public assurée par La Poste ne peut être confiée par le conseil d’administration de l’exploitant à une société de son groupe qu’après avis de la Commission supérieure du service public des postes et télécommunications et approbation conjointe par le ministre chargé des postes et télécommunications et le ministre chargé de l’économie et des finances de la convention ou du cahier des charges par lequel La Poste transfère cette activité. Dans ce cas, les infrastructures nécessaires à l’exercice de cette mission ne peuvent être cédées par La Poste. »

Jamais l’Etat n’aura porté autant d’attaques contre la collectivité au nom du « moins d’Etat, moins de services publics » : affaiblissement de la présence postale, libéralisation du service public du courrier, « modernisation » du Livret A, les coups pleuvent sur le premier service public de proximité à l’heure où le pays a de plus en plus besoin de cohésion sociale et du soutien des services publics partout et pour tous !

Fédération SUD-PTT

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Publié par  Rhizome