Manifestation contre la directive de la honte à Lyon

Nous étions une quarantaine de dijonnais à avoir fait le déplacement ce 19 janvier 2008 à Lyon pour la journée de mobilisation européenne contre la directive de la honte, directive européenne ayant pour objectif d’allonger la durée de détention légale des étrangers en centre de rétention à 18 mois. La France admettait jusqu’ici une durée légale de 32 jours !

La manifestation a débuté sous un soleil radieux vers 15 heures aux abords du centre de rétention administrative de Lyon Saint Exupéry. Ce lieu est le point central du dispositif d’expulsion industrielle mis en place par notre président, d’où partent sans cesse des charters de sans papiers vers « leur pays d’origine », en aucun cas le pays avec lequel ils ont le plus d’attaches. Les conditions de détention dans ces centres sont des plus déplorables, et se sont encore aggravées avec la systématisation des procédures. A quoi vont ressembler ces centres si la durée légale de détention est multipliée d’autant ? Par combien vont se multiplier le nombre de suicides qui ont lieu chaque année dans ces centres ?

Il n’est pas rare que les problèmes administratifs ou le maintien en rétention comme « punition » prolonge démesurément le temps de détention pour les étrangers. La durée légale avait pour but de mettre un terme à des situations insolubles, que vont devenir ces gens pendant 18 mois, si au bout d’un mois déjà leur situation ne leur permet ni de sortir ni d’être expulsés ? Comment dans ce cas ne pas comparer ces centres à des prisons pour étrangers, coupable de n’avoir pas de papiers, incapables d’être riches et cultivés,ou simplement travailleurs ?

Il est aussi nécessaire de se demander quelle est la finalité de ces centres, si ce n’est de donner aux autres pays une image déplorable de l’accueil réservé aux étrangers des nations européennes et de fermeture sur l’autre, de rejet de la différence ? En ce sens on est en droit de se demander l’utilité de ces centres, et même en droit d’exiger leur fermeture définitive !

Les deux mille personnes rassemblées cet après-midi n’ont pas pu approcher des détenu-es, la gendarmerie s’étant chargée de maintenir une distance plus que raisonnable entre elleux et nous. La communication s’est donc faite pas le biais de slogans, que nous n’avons interrompus que deux heures plus tard, quand les gardes mobiles se sont montrés plus qu’impatients de « cogner. » Nous n’avons pas encore d’informations précises sur les conditions qui ont étés imposées aux détenu-es le temps de notre manifestation, mais il semble qu’un feu se soit déclenché peu avant la dispersion de la manifestation à l’intérieur du centre.

Le RUSF 21 et le RESF 21 continueront de demander la non-adoption de cette directive de la honte, ainsi que la fermeture définitive de ces centres qui n’ont pour autre but que de stigmatiser une catégorie défavorisée de la population française, pour autre finalité que de diviser encore un peu plus les pauvres face à une réalité de plus en plus dure.

La mobilisation continue le samedi 2 février 2008 à partir de 14 H devant la préfecture pour une journée de manifestation nationale pour le combat des sans-papiers, pour la liberté de circulation !

Source ou site Web en rapport : Brassica Nigra - http://www.brassicanigra.org
Publié par  Rhizome