Lausanne - Condamnation des habitant-e-s de la laiterie

Mardi 24 novembre 2007 s’est tenu le procès pénal de 3 occupant-es du squat de la Laiterie pour violation de domicile. Une trentaine de sympathisant-es sont venu-es soutenir les inculpé-es et ont distribué du thé devant le tribunal, sous la statue de Guillaume Tell portant une très seyante cape rouge de super justicier populaire.

Après une matinée d’audience le juge De Montvalon a condamné les occupant-es à 120 heures de travaux d’intérêt général avec un sursis de deux ans et à payer la totalité des frais de justice (2300.-). Ceci malgré des témoignages accablants contre la banque WIR, propriétaire de la maison et plaignante. A noter que celle-ci n’a même pas estimé nécessaire de faire acte de présence à l’audience. De plus, selon leur architecte, les travaux sur l’immeuble ne commenceront pas avant fin 2008. D’autres témoignages ont fait écho de la sympathie recueillie par les occupant-es auprès des habitant-es et commerçant-es du quartier.

Ce verdict s’inscrit dans la droite ligne de répression qui semble devoir s’abattre systématiquement sur quiconque désire promouvoir d’autres lois que celles du profit et s’oppose au scandale des maisons vides, de la spéculation et du racket légal des loyers qui engraissent les propriétaires en période de pénurie. Que l’on pense au squat de la Riposte (expulsé deux fois à grands renforts de robocops, muré 3 ans et actuellement un magnifique terrain vague, dont la Poste – propriétaire – espère tirer un bénéfice juteux), à la condamnation des occupant-es du squat des Sauges à 45 jours de prison ferme ou aux menaces municipales qui planent sur la Maison de paille.

Bien qu’il se retranche derrière des arguments purement juridiques, le procès de la Laiterie est éminemment politique. Rappelons qu’il n’y a actuellement aucune procédure civile d’évacuation en cours. L’argument classique que la présence des squatteur-euses empêcheraient la vente de la maison ne tient pas non plus et a été reconnue irrecevable par le juge (un contrat de vente a été signé après l’occupation). La plainte pénale de la banque WIR contre les occupant-es est donc purement une question de principe. La banque WIR a toujours fait la sourde oreille aux propositions de contrat de confiance des occupant-es, ainsi qu’aux tentatives de médiation de la Ville et même du juge instructeur (« des squatters n’ont pas à faire pression sur une Banque », dixit leur juriste). Pas mal pour une banque coopérative qui se targue de promouvoir l’entraide…

Une fois de plus, la « justice » se range du côté des propriétaires. Pourtant, c’est la propriétaire qui devrait être condamnée, non seulement du point de vue moral pour avoir honteusement laissé vide un bâtiment pendant des années en pleine crise du logement, mais aussi pour n’avoir pas rempli durant toutes ces années son devoir d’entretien, qui, au sens de la loi, incombe à tout propriétaire. Elle devrait même remercier les squatteurs/euses d’avoir gracieusement remis le bâtiment en état, peut-être faudrait-il lui adresser la facture ?

La justice se prétend clémente en prononçant une peine de travaux d’intérêt général, or il ne s’agit que d’une version édulcorée et politiquement correcte d’une privation de liberté pour des gens qui mènent une action légitime. Peut-être le juge assumait-il mal de proposer la prison comme solution à des problèmes de logement… La décision par rapport à un éventuel recours sera prise ces prochains jours.

Vive les occupations !
Solidarité avec la maison de paille !
Le crime, ce n’est pas les squats, mais la spéculation.

Depuis les hauts de Lausanne
Collectif de la Laiterie en colère
face à l’acharnement gratuit d’une banque aucunement lésée,
27 novembre 2007.

Source ou site Web en rapport : Indymedia Suisse - http://ch.indymedia.org
Publié par  Rhizome