La répression des biffins doit cesser immédiatement !

Dans une vidéo présentée sur son site électoral, M. Vaillant, maire du 18ème, devise avec des biffins de la Porte Montmartre. Il leur propose l’octroi d’un espace sur lequel ils pourraient vendre en toute légalité, une étude à ce sujet devant aboutir sous peu, explique-t-il.

En effet, c’est en novembre 2007 que fut annoncée la mise en œuvre d’une « étude action ». Aux représentants des biffins et du comité de soutien reçus à l’Hôtel-de-Ville, il fut indiqué que les conclusions en seraient exposées le 15 février 2008.

Or, s’ils sont conviés le 14 février à une réunion à la mairie du 18ème, c’est pour valider… le cahier des charges relatif à l’étude, pour laquelle un appel d’offre a été lancé (pour un montant de 15 000 €). Autrement dit : rien n’est encore fait !

De qui se moque-t-on ?

Pour autant, les pouvoirs publics ne sont pas restés inactifs durant ces 3 mois, loin de là : « Pendant les travaux, la répression continue ». Les opérations « Police et Propreté » ont continué d’être menées rondement. La propreté, parlons-en : faute de toilettes publiques, c’est l’insalubrité pour tous sur tout ce secteur, biffins, puciers, clients et habitants. La propreté ? Les quelques biffins qui, faute de logement, campent à proximité au long du périphérique, viennent seulement d’obtenir l’accès à la borne d’eau potable, bloquée des mois durant par un refus obstiné de satisfaire ce besoin élémentaire.

Par contre, chaque week-end, ce sont, à plusieurs reprises, les descentes de police, les amendes (pas de patente), les insultes contre les biffins assimilés à des receleurs. Chaque semaine, le service propreté de la mairie du 18e met à la disposition de la police une benne à ordures (qui coûte 10 000 euros par mois) grâce à laquelle il détruit, illégalement, les biens des biffins.

Assez ! Ça ne peut plus durer !

Que la mairie n’imagine pas que nous allons attendre tranquillement deux ou trois mois de plus (après les élections ?) qu’elle apporte une solution aux problèmes économiques et sociaux des biffins, dont certains devraient être réglés en urgence, tandis qu’elle continuera, de concert avec la police, à les priver des droits fondamentaux à la nourriture, au logement, au respect. Nous exigeons la cessation immédiate de la répression, en particulier l’arrêt de la mise à disposition de la benne à ordures.

    Pour exiger ensemble l’arrêt de la répression, retrouvons-nous lundi 11 février à 18 heures devant la mairie du 18ème.

Association Sauve-qui-peut
Comité de soutien aux biffins de la Pte Montmartre Contact : les-biffins-de-la-porte-montmartre@...

Qui sont les « Biffins » ?

Ce sont des personnes, femmes et hommes, sans ou à faibles ressources, parfois sans abri, et n’ayant pour seul moyen de survie que celui de vendre des objets recherchés la nuit dans les rues, les poubelles, ou provenant de leurs biens personnels. À chaque fin de semaine, elles viennent s’installer sous le pont du périphérique, à la Pte Montmartre et sur St-Ouen, à l’orée du Marché aux Puces afin d’essayer d’y vendre ces objets. Des biffins exercent la même activité à Montreuil, dans d’autres villes. En l’absence d’autre perspective, elle est absolument nécessaire à leur survie. Or, les Biffins subissent deux choses : une répression policière et, pour certains, un manque de logement.

Pour se défendre, ils ont constitué l’association Sauve-qui-peut ; un comité de soutien s’est formé autour d’habitants du quartier. Leurs demandes sont les suivantes :

  • en premier lieu, l’arrêt immédiat de la benne et des descentes de police,
  • un droit de vendre, sur un territoire qui leur soit réservé,
  • un logement pour les sans abri,
  • la reconnaissance et l’octroi des droits sociaux pour tous.
Publié par  Rhizome