La répression continue dans l’Etat de Oaxaca au Mexique

Halte au fascisme du gouvernement d’Oaxaca !

Jeudi 6 février dernier, environ à 15 h 30, la police judiciaire de l’État d’Oaxaca a arrêté le représentant indigène Pedro Sánchez Antonio, originaire de la communauté chinantèque d’El Pípila, de la commune de San Juan Mazatlán, État d’Oaxaca. Le compañero Pedro est membre et délégué de l’Union des communautés indigènes de la zone nord de l’Isthme (UCIZONI) [1] d’Oaxaca. Il est accusé des délits de spoliation et abus d’autorité prétendument commis à l’encontre du cacique Carmelo Pérez, qui a été expulsé de la région par les paysans en 2005.

Le 7 février à 8 heures du matin, Dora Ávila Betancourt a été arrêtée à Matías Romero, État d’Oaxaca, par plusieurs hommes fortement armés. Dora accompagnait sa fille à l’école quand ils l’ont arrêtée en lui disant qu’ils avaient un mandat d’arrêt pour dommages aux voies de communication réalisés en 2006, et dont elle avait été relaxée faute d’éléments. Dora a 48 ans, dont 20 consacrés au travail avec les femmes rurales indigènes de l’isthme de Tehuantepec, État d’Oaxaca. Elle a été membre de l’UCIZONI, et elle est actuellement conseillère en droits humains de Femmes rurales.

De la même manière, les habitants de la communauté de San Pedro Yosotatú, appartenant à la commune de Tlaxiaco, dans la région mixtèque oaxaquègne [2], subissent depuis des années toute une série d’abus et d’injustices de la part des caciques priistes [3] locaux, dirigés par Andrés Castro García, financés par des institutions gouvernementales comme le secrétariat à la Réforme agraire, et protégés par les autorités judiciaires et par les gouvernements de l’État et fédéral. Il faut souligner qu’Andrés Castro García a été le maître d’oeuvre d’assassinats sélectifs. Un exemple : depuis février 2005 ont été assassinées cinq personnes qui, en leur temps, ont lutté contre les injustices faites à la communauté. Récemment, le 24 décembre 2007, a été assassiné le dirigeant communal Plácido Abraham López Castro, et le 14 janvier de cette année ça a été le cas de Joel García Castro ; ces deux dirigeants avaient entrepris la lutte pour la défense de cette communauté.

Il est important de souligner que ces séries d’événements correspondent à une escalade répressive dont l’ampleur est passée sous silence par une grande partie des médias. Devant cette série d’exactions, nous convoquons toutes les organisations indépendantes de droits humains, et le mouvement de lutte sociale en général, à nous réunir samedi prochain 16 février, à 10 heures, dans les locaux du Comité de défense citoyenne, CODECI, situés au 204, rue Vicente Guerrero, lotissement José López Portillo, commune de Santa Lucía del Camino, Oaxaca. Cela dans le but d’analyser la situation et de discuter des actions pertinentes à réaliser pour arrêter cette vague répressive qu’on vit dans l’État d’Oaxaca.

Cordialement.

Organisations indiennes pour les droits humains à Oaxaca (OIDHO), Union des communautés indigènes de la zone nord de l’Isthme (UCIZONI), Collectif autonome magoniste (CAMA), Centre de soutien communautaire Travaillons unis (CACTUS), Alliance magoniste zapatiste (AMZ), Comité de défense citoyenne (CODECI), Comité pour la défense des droits indigènes de Santiago Xanica (CODEDI).

Source : http://oaxacalibre.org

[1] De Tehuantepec (NdT).

[2] Le peuple mixtèque se répartit sur deux États, Oaxaca et Guerrero (NdT).

[3] Du Parti révolutionnaire institutionnel – gasp ! – PRI, le parti du malgouverneur Ulises Ruiz Ortiz (NdT).

Publié par  Rhizome