L’Espagne torture la France collabore

« L’horreur de la torture s’apparente tellement à la folie, à la douleur, à la souffrance et au cauchemar que les corps qui ne l’ont pas subie ne peuvent pas réellement comprendre. » (Rapport n° 26 SOS Torture)

Il y a quelques semaines nous avons tous appris, parce qu’il nous l’a fait savoir, que le gouvernement français mettait à la disposition des tortionnaires espagnols des voitures, des maisons, etc.

Nous, proches de prisonniers et de réfugiés, nous ne posons pas cette dénonciation pour dire que la torture existe, qu’elle est utilisée sauvagement, quelques fois jusqu’à la mort, ni pour parler des méthodes employées.

Ceux qui veulent savoir jusqu’où va la brutalité, la sauvagerie des policiers et des militaires en Espagne peuvent lire les témoignages de celles et ceux qui ont été torturés, dans les communications des organismes qui luttent contre la torture (Amnesty International, TAT...).

Nous vous incitons à lire au moins les trois derniers témoignages, ceux de Gorka Lupiañez, Igor Portu et Mattin Sarasola.

Si l’objectif de la torture est la dégradation totale de la victime, le résultat final met en évidence sous la lumière la plus crue, la déchéance humaine suprême des tortionnaires et des commanditaires.

Ces derniers 25 ans, au nom de la démocratie et de la tolérance, 5 000 personnes ont été torturées dans notre Pays, certains à mort. 5 000 personnes pour une population de 3 millions d’habitants. Ramené à la population française, cela ferait 100 000 torturé(e)s.

Enorme – Terrifiant

Nous voulons surtout dire, fermement et clairement que ces tortures ne sont pas le fait de personnes malades et sadiques.

Les tortionnaires sont des fonctionnaires de la police et de l’armée, spécifiquement formés dans le but de semer la peur et la terreur, et de « recueillir » des informations. Méthodes écoeurantes, lâches et criminelles appliquées avec l’approbation des pouvoirs d’Etat et des gouvernements.

L’eurodéputé Mayor Oreja et l’ex-président du PP Manuel Fraga Iribarne viennent de nous dire que du temps du fascisme on vivait tranquillement et très bien en Espagne. L’évêque de Pampelune, nouvellement nommé est un haut gradé de l’armée (général).

La responsabilité de la torture est conjointement portée par le Gouvernement, l’armée, la police, les Partis Politiques et une partie de l’Eglise.

Nous demandons aux partis politiques, à l’UMP, au PS et à tous les autres de dénoncer la pratique de la torture, de demander au gouvernement français de cesser toute collaboration avec les tortionnaires. L’absence de réponse voudra dire que vous reconnaissez la torture comme méthode de résolution du conflit politique, et la collaboration comme un retour acceptable à des temps sordides que nos anciens espéraient à jamais révolus.

Que penser des journalistes qui ne dénoncent la torture que quand elle touche un des leurs ou qu’elle est pratiquée dans des territoires lointains ?

Sans vos silences, ou vos doutes, est-ce qu’il serait encore possible de torturer ?

Pour finir nous déclarons avec J. R. Echeberria que nous aimons tous les torturés d’où qu’ils soient, de Guantanamo, d’Irak, de Palestine, du Soudan où d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui, qu’ils aient ou n’aient pas de nom. Et nous aimons tout particulièrement ceux qui nous sont proches.

J.M. Galarraga, M. Incabi, J. Beyrie, U.Parot, J. Arranalde – Familles de prisonniers et torturés basques

Source : Le Journal du Pays Basque (2008-02-07)

Publié par  Anonyme