Incinérateur : la DRASS de Marseille occupée

Depuis 10 heures ce matin, une vingtaine de militants des collectifs qui s’opposent à l’implantation d’un méga-incinérateur à Fos-sur-Mer, ont investi les locaux de la DRASS, rue Borde, à Marseille.

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Les collectifs demandent que leur soient communiquées les données régionales sanitaires, et en particulier celles qui concernent les populations riveraines du futur incinérateur, demande étayée par la remise d’une pétition regroupant plus de 4 000 signatures.

Dès 2005, l’étude d’impact pour cet incinérateur, malgré son indigence, avait déjà présenté des chiffres alarmants, confirmant des taux de mortalité par cancers des bronches et du poumon, ou par accident vasculaire cérébral, largement supérieurs aux moyennes nationales. Depuis, les données n’ont jamais été accessibles, malgré des demandes répétées en particulier de la part d’associations de médecins.

Ces mêmes médecins (plus de 300 d’entre eux dans les Bouches-du-Rhône) sont signataires d’un Appel pour alerter les pouvoirs publics, et constatent avec inquiétude une augmentation des pathologies liées à la pollution, maladies cardio-vasculaires, stérilités, cancers, et déplorent en outre l’absence de registres des cancers et d’études épidémiologiques en PACA.

Même si les incinérateurs nouvelle génération ont été mis aux normes européennes, l’incinération des déchets produit, et continuera à produire, des dioxines (dont les normes sont de faisabilité technique et non sanitaires !), et des centaines de polluants non contrôlés légalement, que l’on retrouve dans les rejets atmosphériques, mais également dans les résidus solides, les mâchefers. Certains de ces polluants comme les produits brômés sont hautement toxiques. Les filtres, ne sont par ailleurs pas en mesure d’arrêter les particules ultrafines qui sont les plus pathogènes et transportent des polluants toxiques cancérigènes .

Les associations évoquent enfin le danger des pollutions croisées et cumulées dans une région où les émissions industrielles sont déjà particulièrement impactantes.

Il y a un an, lors de la signature par la Ville de Marseille du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot, Monsieur le Maire de Marseille et Président de la CUMPM, déclarait :

« ..Et s’il apparaissait que l’incinérateur porte atteinte à la santé des gens, je ne le ferais pas.... Et s’il faut vérifier une fois de plus qu’il n’y a pas le moindre risque écologique, nous le ferons » La Provence du 16 février 2007

Et encore « Je m’engage à ce que tout soit fait pour préserver la santé publique des habitants » dépêche AFP du 15 février 2007,

Dont acte.

Les organisations signataires du Front Citoyen de Résistance du Golfe de Fos
Les Collectifs pour des Alternatives à l’Incinérateur

Autres infos
http://www.desobeir.net

Publié par  Rhizome