Imprimerie Nationale : Gardons le pessimisme pour des jours meilleurs

Celui qui ne se bat pas à déjà tout perdu. Ce proverbe chinois, arabe, africain ou je ne sais d’où, prend toute sa saveur dans le conflit qui a opposé récemment les salariés de l’Imprimerie Nationale a sa direction.

Cinq semaines d’un bras de fer dont l’enjeu ne fut malheureusement pas celui des licenciements mais de leur accompagnement social. Quatre-vingt emplois sur cent vingts devraient disparaître d’ici l’été et le projet industriel du repreneur n’est toujours pas clairement défini. Il se pourrait même que ce ne soit qu’une opération immobilière. Mais peu importe pour l’instant et gardons le pessimisme pour des jours meilleurs et un peu du trésor de guerre au cas où...

Ainsi donc des reclassements garantis par l’Etat pour une durée de soixante mois vont pouvoir se mettre en place et les primes au départ volontaire ont été revues à la hausse (de 30 000 à 75 000 euros selon l’ancienneté et le statut). Quant au volet formation, les stages longue durée ou non seront entièrement pris en charge par la direction. C’est bien là l’essentiel des accords signés en 2005 et que nous revendiquions, dont nous pouvons « bénéficier », la durée des reclassements ayant néanmoins été réduite à soixante mois.

Sévère camouflet pour celle-ci et le ministère des finances qui ont tenté de jouer le pourrissement jusqu’au bout sans succès.

De notre côté nous avons détenus les concours de l’Education nationale jusqu’au dernier moment générant un retard de quelques semaines pour quinze mille étudiants. Rien de grave.

Ce fut un succès en demi teinte toutefois quand on peux présager ce qui attend désormais les autres filiales, et en particulier celle de Douai, où sont fabriqués les passeports, les permis de conduire, les cartes grises etc. Autant de produits sensibles qui risquent de basculer dans un proche avenir vers le privé.

Cinq semaines donc à ne rien lâcher. On a même eu la visite du gros Hollande qui c’est senti obligé, au retour de sa campagne municipale à Orly, de venir nous soutenir. On était bien contents. Sinon Arlette, Olivier, Marie-Georges, les fondamentaux en quelque sorte, mais c’était gentil, c’était gentil. Toutes nos excuses au médiateur qui est un jour rentré un peu tard à la maison mais il était enfermé dans la salle de réunions et on avait perdu les clés. C’est ballot.

La suite désormais va se jouer du plan industriel qui devrait être publié dans quelques semaines. Que va t-il faire et avec qui ? Un des grands enseignements de ce conflit c’est de nous avoir appris à rester d’une extrême vigilance jusqu’au bout. Sûr que la leçon a été retenue. et comme Il l’a dit : nous renoncerons à tout sauf à la victoire.

Maintenant faut retourner bosser.

Emile Vanhecke

Publié par  Rhizome