Discrimination raciale : quel bilan pour les États-Unis ?

Le bilan des États-Unis aux termes de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale va être passé en revue dans les prochains jours. Le comité des Nations unies chargé de veiller à l’application de la Convention va examiner le rapport périodique du gouvernement les 21 et 22 février à Genève.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale doit examiner les quatrième, cinquième et sixième rapports périodiques des États-Unis sur les moyens que le pays a mis en œuvre pour satisfaire l’obligation qu’ont les signataires du traité d’offrir une protection contre la discrimination fondée sur la couleur de la peau, l’origine ethnique ou la nationalité.

Amnesty International a transmis au Comité en novembre dernier une synthèse des sujets de préoccupation qu’elle a rencontrés au fil de son action depuis l’examen par le Comité du premier rapport des États-Unis, en 2001.

Amnesty International soulignait dans ce document qu’en dépit de l’assurance donnée par la Constitution des États-Unis d’une protection égale de la loi pour tous, il existait toujours une discrimination endémique dans de nombreux secteurs. Parmi ses sujets de préoccupation figuraient la politique de « profil racial » au sein des forces de l’ordre ; le traitement discriminatoire réservé aux ressortissants étrangers au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 ; le nombre disproportionné de membres des minorités ethniques dans la population carcérale ; les disparités raciales en matière de justice pour mineurs et de peine de mort.

Dans cette synthèse, Amnesty International se disait également préoccupée par le traitement discriminatoire réservé aux non-Américains sur la base militaire des États-Unis à Guantánamo, et ailleurs, dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme », sujet que n’aborde pas le rapport fourni par les États-Unis. Les préoccupations de l’organisation concernaient notamment le fait que les étrangers qualifiés de « combattants ennemis illégaux » pouvaient être condamnés par des commissions militaires iniques, à l’issue de procès où ils ne bénéficieraient pas des mêmes garanties juridiques que les citoyens américains accusés de crimes similaires.

Enfin, l’organisation était préoccupée dans ce document par les difficultés rencontrées par les Amérindiennes et les femmes autochtones d’Alaska pour obtenir justice alors qu’elles sont affectées par un plus grand taux de viol et violences sexuelles que les autres femmes ; elle s’inquiétait aussi de la manière dont avaient été traités les résidents afro-américains de la Nouvelle-Orléans déplacés à l’intérieur du pays après le passage de l’ouragan Katrina.

Pour en savoir plus USA : Amnesty International’s briefing to the Committee on the Elimination of Racial Discrimination

Source ou site Web en rapport : Amnesty international - http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/usas-record-racial-discrimination (...)
Publié par  Tiny