Buenos Aires : manifestation de cartoneros contre la répression

Cartoneros, organisations sociales et de défense des droits de l’Homme ont protesté hier en face du siège du gouvernement de la ville de Buenos Aires pour la répression de vendredi, à l’occasion d’une expulsion d’un campement de cartoneros dans la capitale. Ils ont obtenu un accord provisoire pour la vente du papier.

Organisations sociales, coopératives et familles de cartoneros ont marché hier pour réclamer la restitution du Train Blanc [1] et pour répudier la violente expulsion des cartoneros qui avaient monté un campement dans le quartier de Belgrano.

De plus, ils ont demandé que soient remis en liberté les deux cartoneros toujours emprisonnés pour présumée « résistance à l’autorité. » Dans le même temps, la Defensoria del Pueblo de la ville de Buenos Aires a dénoncé hier à la Justice les policiers en charge de l’expulsion pour « abus d’autorité. » Après la marche, le gouvernement de la ville de Buenos Aires a convoqué les cartoneros à une négociation, de laquelle a surgi un début d’accord pour lequel ils venderont le matériel récupéré à une coopérative de recyclage de la villa 31 de Retiro jusqu’à ce que soit rétabli le service du Train Blanc, a expliqué le délégué cartonero Marcelo Sosa.

La marche avait été annoncée lundi, après que les cartoneros réprimés le vendredi aient présenté devant la Defensoria del Pueblo une dénonciation contre le commissaire Victor Fensore, en charge du dispositif et contre le ministre de l’environnement et de l’Espace de la Ville, Juan Pablo Piccardo et son chef de cabinet, Rodrigo Simon (...).

Marina Lescano, enflammée « survivante de la répression » du vendredi, remerciait tous ceux qui accompagnaient la manifestation. Parmi eux, la Mère de la Place de Mai Mirta Garballo, qui est venue pour « répudier la raclée » et appuyer le fait que « au cartoneros non seulement on ne leur donne pas de travail mais qu’en plus on les laisse pas faire ce qu’ils peuvent pour survivre. »

(...) La colonne de manifestants a commencé à marcher vers la Casa Rosada, qui était surveillée par des files de policiers fédéraux préparés avec lance-grenades de fumée, bâtons et boucliers, et postés derrière des barrières de contention. : « A quoi pensez-vous, nous réprimer à nouveau ? », a demandé le Tano. Et en réponse, il a commencé à danser une cumbia composée par lui-même, avec des paroles inspirées par « le gouvernement élitiste de Macri. » (...).

Au bout de 15 minutes à cet endroit, ils sont partis vers la Législature de Buenos Aires, mais n’ont pas pu s’approcher à moins de 40 mètres en raison du barrage policier. La même chose au Ministère de l’Espace Public. (...).

Après la manifestation, le gouvernement de Buenos Aires a convoqué les cartoneros pour chercher la manière de résoudre le « problème des campements » dans la ville. Selon Marcelo Sosa, délégué des récupérateurs de Barrancas de Belgrano, ils auraient décidé avec le ministre de l’Espace Public, Juan Pablo Piccardo, que jusqu’à ce que le Train Blanc soit rétabli, les cartoneros vendront le fruit de leur travail à une coopérative de recyclage qui fonctionne dans la capitale (Villa 31 de Retiro) et qu’ensuite ils partiront chez eux.

En dehors de l’édifice, quelques-uns des cartoneros les plus jeunes ont couru jusqu’aux camionnettes chargées de chariots qui attendaient garées.

– Vous allez continuer de manifester ?

– je ne sais pas, mais je dois aller travailler – a répondu le garçon de 12 ans, qui quelques minutes auparavant avait effectué un plongeon dans la fontaine de la Place de Mai.

Pagina/12, 27 février 2008.
http://www.pagina12.com.ar/diario/s...

Traduit par http://amerikenlutte.free.fr

[1] Le Train Blanc était un train qui emmenait les cartoneros de la banlieue de Buenos Aires dans la capitale et qui les ramenait chez eux avec leurs chariots de produits récupérés. A la suite de sa disparition, beaucoup de cartoneros sont restés dans la capitale, improvisant des campements de fortune. (NdT).

Publié par  Anarcoma