Algérie : beaucoup de secteurs paralysés par la grève de l’intersyndicale

Entamée, dimanche 10 février, à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, qui regroupe huit syndicats autonomes, la grève de la fonction publique a été largement suivie dans plusieurs secteurs, selon des animateurs syndicaux interrogés par le quotidien toutsurlalgerie.com.

A l’université des sciences et de la technologie Houari Boumediene (USTHB), la plus importante d’Algérie, la grève a été suivie à 90% selon Farid Cherbal, secrétaire général de la coordination des sections du conseil national de l’enseignement supérieur (CNES), l’un des syndicats les plus dynamiques dans les universités. Dans l’administration où se recrute l’essentiel des adhérents des syndicats autonomes, à côté de l’enseignement, le taux de suivi oscille entre 60 et 80 %, selon le Hadj Djillani, un responsable du syndicat national du personnel de l’administration publique (SNAPAP).

Si la grève chez les professeurs du paramédical a été mitigée (50%), elle a connu un vrai succès dans les lycées où les syndicats SNTE (syndicat national des travailleurs de l’éducation), SATEF (syndicat des travailleurs de l’éducation et de la formation), CLA (conseil des lycées d’Alger), CNAPEST (conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) et la coordination des enseignants contractuels d’Alger (CECA) sont très présents. Près de 95 % du personnel ont en effet répondu à l’appel, selon plusieurs syndicalistes.

Principales revendications de ce mouvement qui va durer trois jours : association des syndicats autonomes à l’élaboration des statuts particuliers (en phase d’élaboration actuellement par le gouvernement collaboration avec l’UGTA), augmentation des salaires, révision du régime indemnitaire, l’intégration des enseignants contractuels et la préservation du pouvoir d’achat entre autres.

« Il y’a eu une adhésion totale. Ce mouvement est une première, il a réussi à fédérer plusieurs syndicats autonomes et à affirmer la construction de la solidarité syndicale », s’est félicité, Farid Cherbal, enseignant à l’USTHB, l’un des syndicalistes les plus en vue. « On demande l’ouverture d’un dialogue pour trouver ensemble les mécanismes qui puissent améliorer le pouvoir d’achat des fonctionnaires », a-t-il ajouté.

Mais les chiffres des syndicats autonomes ne sont pas confirmés par les estimations officielles du ministère de l’éducation. Selon le département de Benbouzid, 18,62 % seulement ont adhéré au mot d’ordre de grève. Il faut dire que l’un des points de discorde entre les autorités et les syndicats concerne le choix des interlocuteurs, le pouvoir ayant souvent refusé de délivrer des agréments à certains syndicats en dépit de leur capacité de mobilisation. A chaque fois que des tensions apparaissent, il engage des pourparlers avec des syndicats qui lui sont proches à l’image de l’UGTA.

Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que le patron de la puissante centrale syndicale ait annoncé dimanche, parallèlement à la grève des syndicats autonomes, l’élaboration de plus de la moitié des statuts particuliers, sur un ensemble de 44. Les syndicats autonomes prévoient un rassemblement mardi devant le palais du gouvernement, en dépit des dissensions qui traversent le mouvement, en raison notamment de questions de leadership et d’orientation politique. De nombreux autres syndicats réunis sous la dénomination de coordination des syndicats autonomes envisagent de débrayer de leurs côtés le 24 février prochain.

Anis Merkal

Source : Tout sur l’Algérie, 10 février 2008

Source ou site Web en rapport : Solidarité Ouvrière - http://communisme.wordpress.com
Publié par  Presse